
Contexte
La question agraire est un sujet sensible au Cambodge : traumatismes liés à l’Histoire, faible fertilité des sols, aléas climatiques, insécurité foncière, sont autant de facteurs qui, conjugués à une forte croissance démographique, menacent l’autosuffisance alimentaire du pays. La riziculture, qui occupe 90% des terres cultivées, reste peu performante, souffrant d’un cruel manque de savoir-faire techniques en matière d’irrigation et de maîtrise de l’eau.
En particulier, les polders du District de Prey Nup, vastes étendues de terre gagnées sur la mer grâce à des digues, et dont l’aménagement fut relaté par Marguerite Duras dans son célèbre roman, « Un barrage contre le Pacifique », sont fortement endommagés. En 1997, prés d’un tiers de leur surface n’est plus cultivé et leurs infrastructures hydrauliques sont très détériorées. L’intrusion des eaux salées de la mangrove voisine a fortement entamé la fertilité des sols, contraignant une partie des quelques 50.000 habitants à une agriculture de subsistance et à une extrême pauvreté.
L’Agence Française de Développement s’est engagée depuis 1997 dans un appui à long terme à la réhabilitation de ces polders. L’approche innovante qu’elle a soutenue fait de ce projet l’une de ses plus grandes réussites.
Objectifs
L’enjeu consiste à garantir la sécurité alimentaire à travers la mise en place d’une approche intégrée insistant sur le renforcement institutionnel et sur le développement durable.
Descriptif du projet
Le projet de réhabilitation des polders de Prey Nup débute en 1997 par un concours financier de l’AFD de 3.35 millions d’euros. Les travaux sont réalisés par une entreprise cambodgienne, tandis que la composante ‘appui au développement’, comprenant le contrôle des travaux, est attribuée au groupement des ONG GRET et Handicap International. En 1999, l’AFD accorde un financement additionnel de 3.6 millions d’euros pour poursuivre le projet et l’étendre à 2.500 hectares supplémentaires. Un troisième financement de 3.8 millions d’euros est apporté en 2002 afin de consolider les progrès réalisés.
Ce projet revêt un caractère pilote dans la mesure où il constitue la première expérience de transfert de gestion d’un grand périmètre hydro-agricole à une organisation d’usagers. La CUP, composée de 1500 membres démocratiquement élus, est chargée de la gestion de l’eau dans les périmètres irrigués, de l’entretien des canaux, des ouvrages et des digues, mais également de la collecte de la redevance, laquelle garantit la durabilité du projet.

Impacts
Impacts mesurés en 2007 :
Dates & budget
Démarrage : 1997
Financement : Subventions de 3.35 millions d’euros en 1997, 3.6 millions en 1999 et 3.8 millions en 2002
Voir aussi